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Trouver un mode de garde, retour sur une émission de tv

Hier soir, la chaine D8 diffusait une émission intitulée "Recherche nounous désespérement : enquête sur les galères de la garde d'enfants".

L'émission évoquait "les galère" liées aux différents modes de garde existants aujourd'hui en France, notamment dans les grandes villes.

 

Pour ma part, avant de regarder l'émission, je m'attendais à un document à charge contre les assistantes maternelles comme c'est, il faut bien le constater, le plus souvent le cas. Il s'est avéré que l'émission souligne au delà du détail scandaleux des abus de certaines, le problème plus généralement à sa source : C'est tout le système d'accueil de la petite enfance qui est lésé et dont les parents (et enfants) font les frais.

 

 

Voici en quelques lignes ce que j'en retiens.

 

 

Les différents modes de garde sont passés en revue, à commencer par la garde partagée à domicile. Une garde qui rassure les parents car, au fait que leur enfant soit maintenu dans son environnement, il faut ajouter des services annexes comme le bain donné aux enfants, voire une aide aux devoirs scolaires.

Cette formule onéreuse mais pratique est vendue avec les ristournes importantes que sont le crédit d'impôt et la confiance accordée à une structure de renom qui détache ses salariés jusqu'au domicile des parents. Les parents qui ne sont pas satisfaits de la personne envoyée peuvent demander une autre garde d'enfant, sans se soucier de détail administratifs, intégralement pris en charge par la structure.

Cette formule chère rassure. En payant le prix fort, les parents ont l'impression de payer "de la qualité" et de la tranquilité.

Il s'avère que malgré les critères d'entrée draconiens dans ce genre d'entreprises, certaines employées n'ont pas d'expérience ou mentent sur leurs références ou diplômes. La direction mise face à ces failles répondra que les contrevenants sur la route finissent toujours par être arrêtés...

 

 

Vient ensuite le tour des assistantes maternelles. L'émission souligne les failles du suivi (ou de la surveillance) par la protection maternelle et infantile, qui détecte les potentiels ou les prédispositions des futures assistantes maternelles mais ne peut pas prédire un dérapage. Les abus ou la fragilité psychologiques de certaines sont évoqués, non sans présenter des situations abracadabrantes : des assistantes maternelles débordées face à l'insistance de parents désemparés, gardent plus de quinze enfants seule, travaillant nuit et jour, sept jour sur sept. 

 

 

Puis, les crèches sont passées en revue. 3 ou 4 places pour 10 enfants qui naissent. Inutile de préciser que les listes d'attente sont longues, presque inutiles. Une maman enceinte de 2 mois et demi s'y est prise trop tard. La solution consisterai à réserver une place avant même de tomber enceinte...

Face à cette pénuerie de mode de garde, à Marseille, deux crèches clandestines ont été ouvertes avec un accueil de 30 enfants en moyenne dans un appartement privé, aménagé à cette intention. Les parents informés de la clandestinité de ces crèches y avait pourtant trouvé leur compte : un accueil pour leur enfant, et une absence d'incident ou accident. Les critères des parents sont revus à la baisse dans un contexte de crise.

 

 

L'intervention de l'adjointe au service petite enfance de la mairie du 1er arrondissement de Marseille résume le problème, sans langue de bois.

Sans entrer dans les raisons de ce manque de place qui ne devrait que s'accentuer, les crèches clandestines sont un pansement sur un problème profond. De même qu'il y a des "marchands de sommeil" dans le secteur immobilier notamment dans les grandes villes, il va y avoir des "marchands de garde d'enfant", autour de la pénuerie, un marché risque de se créer avec toutes les mauvaises surprises auxquelles on peut s'attendre.

 

De même les assistantes maternelles débordées par les demandes des parents travaillant parfois en horaires décalées (notamment le milieu hospitalier), se retrouvent presque malgré elle, entourée d'une vingtaine d'enfants. Un nombre d'accueil lié la fragilité émotionnelle de certaines et/ou leur fatigue.

 

Les entreprises de service à la personne, embauchent à tour de bras (mais de quels bras vont elles "hériter") ?

 

 

 

 

Pour être moi-même, en tant qu'assistante maternelle, insultée par des parents déçus de ne pas avoir de place, sollicitée quasiment quotidiennement par mail par les entreprises de services à la personne, cette tension entre l'offre et la demande est nette. Mais il n'est pas possible de répondre favorablement à tous, quelque soit la pression mise à la demande.

 

A ce titre, j'ajoute en clin d'oeil inquiet, que prochainement, les mercredis matin seront travaillés à l'école, afin d'abréger les journées des élèves les autres jours de la semaine.

Un nouveau casse-tête pour l'organisation des assistantes maternelles, des parents et une aubaine pour tous ceux qui vont profiter de cette nouvelle donne défavorable à l'accueil des enfants scolarisés.

 

 

 

PS : le lien internet vers l'émission a "disparu" 48 heures après la diffusion de l'émission.

Etrangement, les liens vers les émissions consacrés à la petite enfance et notamment à l'accueil, disparaissent toujours tres rapidement. Trop polémique ?

 

 

Voici le lien, pour les internautes plus chanceux ou plus patients :

 

 en-quete-d-actu-recherche-nounou-desesperement-enquete-sur-le-cauchemar-de-la-gar-1800633