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Prédateurs, dernier coup de coeur littéraire de la maison

Les passages par la médiathèque sont parfois "express" par manque de temps, par manque de calme des enfants, par fatigue générale. Bref, on emprunte souvent des ouvrages rapidement feuilletés et parfois les ouvrages ne sont pas à la hauteur de nos espérances. 

 

Or voici un ouvrage emprunté par hasard et qui précisément va au delà de mes espérances littéraires pour les enfants. 

Il s'agit d'un livre graphique en noir et blanc, sans texte, mais qui demande une lecture attentive, lecture accessible aux enfants qui ne savent pas lire donc.

 

Les "livres graphiques" composés uniquement de dessins n'ont pas de texte, où plutôt les images très expressives sont un texte à elles seuls. Mais comme nous avons tendance à regarder des images souvent simplifiées, on ne s'attarde pas. Voici un livre qui appelle à lire les images avec lenteur, car elles racontent une histoire (et même une histoire dans une autre). 

 

L'auteur/dessinateur Antoine Guillopé, nous amène dans une scène ou plutôt deux scènes distinctes mettant en scène des animaux nocturnes en chasse.

Nous devinons que ces animaux attendent silencieusement le passage d'une proie et nous attendons/guettons avec eux.  Nous nous identifions/devenons comme eux, des prédateurs. 

L'un de ces animaux vit en ville, surplombe la ville, nous devinons qu'il s'agit d'une chouette.

L'autre est tapis entre les arbres nombreux d'une forêt, mais est ce bien une forêt et quel est ce prédateur ? 

 

Lorsque la proie parait, le prédateur s'avance lentement, toujours en silence (car il n'y a pas de texte, parceque c'est la nuit, parceque les animaux ne parlent pas). Le silence nous coupe le souffle, le lecteur comme le prédateur retient son souffle. 

 

 

Voilà un livre presque oppressant jusqu'à la chute, le dénouement. Le prédateur attrapera t-il sa proie, ou plutôt, qui sera finalement la proie ? 

Si l'on n'a pas de doute sur l'identité du prédateur que nous suivons, il ne faut pas oublier que les prédateurs ont aussi des prédateurs...aussi parfois les plus petites et vulnérables proies s'échappent, trop insignifiantes pour les gros prédateurs ;

Il ne faut évidemment pas trop raconter ou expliquer ce qui se passe.

 

En tous cas, voilà un livre qui a capté l'attention des enfants jusqu'à la dernière image, qui les a fait spéculer, s'interroger, scruter tous les détails graphiques pour comprendre où nous sommes et ce qui est en train de se jouer

 

Bref qui a joué son rôle de livre, s'identifier et s'interroger...longuement.

 

Prédateurs, dernier coup de coeur littéraire de la maison