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La motricité libre pour les tous petits, kesako ?

Voilà plusieurs semaines (ou plusieurs mois) que le terme de "motricité libre" revient à mes oreilles. Y aurait-il un phénomène de mode dans la presse concernant ce sujet ? (comme la méthode Montessori, (dont j'emprunte copieusement les bonnes idées)) 

 

Mais qu'est ce que la motricité libre pour les tous petits, ou plutôt y aurait-il une motricité "contrainte" dès les premiers mois de la vie ? 

 

Quelle est donc cette drôle de question....ou plutôt y a t-il quelque chose de drôle dans cette question ? 

 

 

 

Voici ce que j'ai pu observer sur la motricité des petits et qui éclaire (un peu) cette question bateau "phare".  

 

Les tous petits passent par différentes étapes de maturation psychiques et motrices, l'un accompagnant/suivant/précédantl'autre. 

 

En d'autres termes les acquisitions psychiques conditionnent les aquisitions motrices et vice versa

 

Or je constate fréquemment les interventions presque incessantes des adultes dans la motricité des enfants en bas âge.

Si l'assistance des adultes aux enfants non autonome est normale et même impérative dans les gestes alimentaires ou d'hygiène, qu'en est-il de l'assistance systématique des enfants au square (pour donner un exemple phare bateau) ?

J'observe souvent des parents ou assistantes maternelles, "déposer" des tous petits en haut de tobogan pour ne pas les laisser glisser seuls (ou pour les laisser glisser seul). Dans le premier cas, le toit petit n'a pas de sentiment de satisfaction lié à son propre "savoir faire", dans le second cas, il glisse de manière désordonnée et parfois se fait mal.

 

Par une intuition obscure, j'ai toujours refusé de "déposer" (comme tout le monde), les tout petits en haut des tobogans ou des agrès qui n'étaient pas prévus pour leur âge. 

Tout d'abord, je percevais le danger potentiel de ces agrès, puis une autre réflexion s'est ajoutée avec le temps.

 

Puis cette intuition un peu obscure est devenue : "si on n'a pas la capacité motrice de se hisser (sur le toboggan, la balançoire/la chaise....), c'est qu'on est trop petit(e)".
Je me rappelle aussi d'une émission de télévision où des scientifiques adultes s'étaient mis physiquement en condition pour tester le monde vu par un enfant. Ces adultes devaient notamment se hisser sur des chaises de 2 mètres de haut, tenter de ne pas en tomber (et de ne pas avoir le vertige), tenter d'attraper les objets rangés en hauteur sans que les objets ne leur tombent dessus. Bref ! Un monde proportionnel à la taille et aux perceptions des enfants. Cette émission m'avait fait penser : comment vivrions nous le fait qu'on nous incite à réaliser des "cascades" hors de notre portée, juste pour faire plaisir à une tierce personne....
 
 

Tout ça pour revenir à la motricité libre, ou à la motricité à hauteur de nos capacités que l'on soit grand ou petit.

Et par hasard, il se trouve que ces réflexions sur la motricité "raisonnable" à laquelle j'adhère, recoupe les principes de la "motricité libre", un concept (rédécouvert) par Emmi Pickler. 

La motricité libre, c'est pour un enfant la possibilité de se mouvoir à sa guise dans un endroit à la fois sécurisé et à la fois stimulant. 

En d'autres termes, il faut laisser les tous petit expérimenter leurs capacités motrices, vaciller, tomber parfois, se faire des bosses aussi.

Le but : leur laisser découvrir les lois élémentaires de l'équilibre (par le déséquilibre), découvrir qu'on peut se faire mal sans gravité, découvrir ses capacités et faire évoluer ces capacités. 

Un enfant qui est trop assisté dans sa motricité progresse (sans doute) moins vite, mais surtout progresse dans la crainte de "faire seul". Il a besoin d'assistance et prend plus difficilement confiance en lui. 

Un enfant qui progresse seul (entouré d'adultes attentifs mais non interventionnistes), par lui-même et de lui-même, aura une meilleure connaissance de ses propres capacités et de ses limites.

Voilà pourquoi j'ai toujours favorisé un peu "instinctivement" la motricité libre, en laissant les enfants tester sans se mettre en danger. 

 

A la maison, il y a des tapis en tissus en mousse, des casiers, des coussins, des cabanes en toile, un tunnel. Bref, un espace de motricité libre où chacun peut jouer, s'asseoir, courir, s'allonger, "faire le pont".

En somme, les enfants évoluent à leur rythme en choisissant l'endroit qui leur plait, la position qui leur plait et ils grandissent sans être stressés et dans le plaisir.

 

Et le pire, c'est que moi non plus, je ne suis plus stressée ; 

 

Ouf !

La motricité libre pour les tous petits, kesako ?
La motricité libre pour les tous petits, kesako ?
La motricité libre pour les tous petits, kesako ?
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pauline 11/01/2016 13:39

Bonjour,

Je suis assistante maternelle et suis en pleine rédaction de mon rapport d'activité pour l 'EP 2 et votre blog ne m'aide pas du tout... il est chronophage... en effet je lisais un article sur l ep2 justement et voilà maintenant une demie heure que je lis vos articles, plein de vérités, de trucs que j'ai envie de retenir, de trucs rigolos... Comme vous m'avez l'air très censée j'en profite pour vous poser une question (je ne suis plus à deux minutes...). J aimerais présenter, pour mon rapport, une activité de motricité libre que j'ai pu suivre au RPAM avec un petit garçon que je garde, mais je ne rentre ni dans l 'activité de jeux ni dans celle de l'activité quotidienne menant à l'autonomie... de plus, cette activité n'avait pas lieu chez moi, mais je trouve intéressant que nous ayons découverts un autre environnement, d'autres enfants, la présence d'une psychométricienne...(ça fait aussi partie du métier non?) Qu en pensez-vous? Merci de votre analyse et encore chapeau pour ce boulot (AM et blog). Pauline

fannyassmat 12/01/2016 11:05

Bonjour Pauline,

Deuxième réponse (car la première semble avoir disparu dans les affres de l'interface).
Tout d'abord bon courage pour la rédaction de votre rapport d'activité, c'est un travail long et faussement simple (comme notre métier...).
Pour répondre à votre question au sujet de votre séance de motricité à insérer dans votre rapport de stage, je vous suggère d'éviter le "hors sujet" surtout dans le cadre d'un examen final. C'est un pari très risqué d'aborder un sujet annexe, même s'il vous passionne. C'est aussi une des difficultés du rapport d'activité : il faut choisir, trier parmi les sujets à aborder (qui sont tous intéressant), et en "sacrifier" certains. Le "hors sujet" est d'ailleurs un des écueils à éviter quelque soit l'examen. De plus, il ne faut pas oublier que dans le cadre scolaire du CAP comme dans le cadre professionnel, il faut être rationnel (et raisonnable) avant d'être passionné et "sentimental". C'est à vous de "trancher". Bonne chance (ou plutôt bon courage) pour votre rédaction. Cdt.